Namaskar Mumbai se

Dooroon Dongar Saajare - Les collines ont l'air lisses, vues de loin (proverbe marâthî)

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26 mars 2007

Puri Bhaji

Dans le but non dissimulé de vous former le palais à la nourriture roborative de ce merveilleux pays, en vue d’une visite prochaine, je crée une section Dhabba (qui signifie boustif en hindi), pour tous les amoureux de la bonne cuisine. 

Donc, et pour débuter, devant vos yeux, vos yeux hagards, je vous livre ma recette des Puri Bhaji (on peut écrire phonétiquement pourri badzi, mais tout de suite, ça fait moins envie et on s’imagine les asticots qui grouillent et les filaments de mycélium vert et noir qui pendouillent… ) 

Point de tout ca ! 

Le Puri Bhadji est une petit déjeuner qui tient bien au corps et qui vous calle une dent creuse jusqu’à midi, puisqu’il s’agit de friture et de patates.

Ingrédients (tout est environ, faut essayer…):

Pour les Puris:

2 tasses de farine
2 c-à-s de yaourt
juste assez d’eau pour en faire de la pâte
sel
huile de fritures (huile de vidange pour les plus ‘roots’ d’entre vous)

Pour le Bhaji:

2-3 pommes de terres cuites à l’eau et coupées en morceaux
1 oignon émincé
2 piments vert en morceaux pas trop gros, mais pas trop petits non plus.
1/2 c-à-c de gingembre haché
1/2 c-à-c d’ail réduit en purée
1/2 c-à-c de poudre de turméric (le plus dur à trouver si vous n’êtes pas en Asie, c’est l’épice jaune qui tache tout ce qu’elle touche qu’on appelle aussi curcuma…)
1 c-à-c de jus de citron
1 c-à-s d’huile
1 c-à-s de coriandre fraîche hachée
1/2 c-à-c de graines de cumin et  1/2 c-à-c de graines de moutarde

Alors comment fait-on, me demandez vous:

Pour les puris:

  • Mélanger la farine, le yaourt, le sel, et l’eau pour obtenir une pâte souple, un peu      plus collante que de la pâte à pain.
  • Bien pétrir et laisser reposer 15 min environ.
  • Faire environ 10-12 ‘galettes’ bien fine de cette pâte. Il y a un coup à prendre bicoze ça colle partout. Il faut bien fariner son rouleau. Dans la mesure du possible, éviter comme moi d’y incorporer fourmis et autres bestioles qui courent en permanence sur le plan de travail. (Cela dit, une fois bien frit, ça offre une source de chitine non négligeable, et au prix de la chitine de nos jours…)
  • Les faire frire dans l’huile jusqu’à ce qu’elles soient bien dorées et gonflées. Eponger l’excès de gras qui dégouline avec du sopalain, mais ne pas oublier de se lécher les doigts pour profiter de tout ce bon cholestérol.

Pour le Bhaji:

  • Faire chauffer l’huile dans une cocotte. Une fois qu’elle est bien chaude, y jeter le cumin et le poivre. Laisser crépiter quelques secondes (c’est ça en fait le vrai secret de la cuisine indienne !).
  • Ajouter le gingembre, l’ail, le piment vert et l’oignon et laisser cuire jusqu’à ce que l’oignon soit tendre. Ajouter les pommes de terres cuites, le sel, le turméric et le jus de citron.
  • Bien mélanger et laisser cuire 2-3 minutes à feu… tout à fait normal ni trop, ni trop peu.
  • Servir avec la coriandre fraîche et les puris.

Et comme on dit ici…

On ne dit rien, on mange, un point c’est tout.

17:58 - Dhabba - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


07 mai 2007

Dal fry

7 mois aujourd’hui. Un rapide calcul montre que j’ai mangé durant cette période environ 150 fois du dal fry. Ils ne se lassent jamais les moustachus ? Parce que moi si !

burpTous les midis. Tous les midis… tous les midis………… (je mets plein de points de suspension, d’abord parce que j’adore les points de suspension, et ensuite pour vous montrer l’étendue de ma lassitude)

Je n’en peux plus du dal fry. Ce suprême gastronomique à base de lentille jaune qui a la couleur, la texture et parfois même l’odeur de la diarrhée à rotavirus du nourrisson.

Normalement, je vais encore rester 17 mois ici. Encore environ 350 tiffins de dal.

Ce chiffre me plonge dans des abîmes de perplexité.

Je ne supporte plus le dal fry en photo

 

J’adore ce pays

14:06 - Dhabba - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juillet 2007

Miam miam...

Je suis le spécialiste de la supply chain du frigo. Je gère en flux tendu. Traduisez qu’il n’y a pas grand-chose dans mon réfrigérateur, que c’est souvent le grand n’importe quoi, et que, flemme aidant, je finis fréquemment par commander à la dernière minute un mutton roll, un green thai curry ou un chop suey. D’ailleurs, il y a une rubrique spéciale « graille de secours » dans mon téléphone avec les numéros de tous les restaurants de Bandra West.
Mais tout ceci est en train de changer car j’ai découvert les paratha surgelés. Les paratha surgelés sont la preuve que Dieu existe. 2 minutes à la pouelle, et on mange ca avec un oignon citronné, un petit piment vert et du lait caillé. J’ai du coup un stock dans le congelo me permettant de tenir un siège. Des aloo paratha à la pomme de terre, des paneer paratha au fromage, des methi paratha au fenugrec, des lachcha paratha à… rien du tout, c’est les paratha natures.
Les paratha, c’est comme des chapatti, mais pas trop quand même. Parce que c’est généralement fourré, et que ça suinte de bon ghee bien gras. En comparaison, le kouign amann fait figure de gâteau sec.

Comme je vous sens avide de nouvelles sensations culinaires, je vous livre ici même la recette des paratha au cumin…

Ingrédients pour 6 paratha :

paratha252 g de farine
65,3 ml d'eau tiède
2 c. à café de ghee (c’est du beurre clarifié pour les non moustachophones)
2 c. à café de graines de cumin

Alors comment fait on ?

Il faut tout d’abord mélanger amoureusement la farine et l'eau puis ajouter tendrement le ghee et les graines de cumin. Ensuite, il est bon ton de pétrir fermement pendant 8 minutes 27 secondes afin d'obtenir une pâte élastique et souple, et de couvrir cette dernière d’un linge humide pour la laisser reposer 1 heure à la température ambiante.

Il suffit ensuite de diviser la pâte en 6 boules et de les rouler doucement pour obtenir un ovale de 26 cm de long. Si la pâte colle au rouleau, on peut ajouter un peu de farine mais le moins possible sinon votre paratha deviendra trop sec. On doit ensuite replier en deux la pâte et donner un tout petit coup de rouleau.
Puis on procède à la cuisson du paratha, 2-3 min par face à feu moyen/fort dans un tawa, ou à défaut une poêle épaisse préalablement ointe d'une bonne couche de ghee. Pendant la cuisson, badigeonner de ghee et presser sur le paratha à l’aide d’un chiffon pour y faire naître des bulles qui donneront la texture légère, croustillante et aérienne à cette succulence indienne. Servir avec encore un peu plus de ghee, et courir au labo d'analyse pour un dosage triglycérides, phospholipides, et cholestérol total. Acheter des fibrates et des statines en prévision.

Alors les gens, mangez des paratha.

J’adore ce pays

11:04 - Dhabba - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 août 2007

Thé, moustache style

Souvenez vous. Je vous avais dit qu’il faudrait me passer sur le corps pour avoir la recette du chai masala. Je ne vous cache pas que je m’attendais à recevoir des centaines d’emails de jeunes nymphettes qui auraient profité de la situation, mais comme personne ne se dévoue, je vous la donne quand même

Comment faire un bon chai masala ?

Tout d’abord les épices. Les épices sont de loin la partie la plus importante du chai masala, puisque dans chai masala, il y a chai qui signifie thé, et masala qui veut dire « ça pique ouille aille aille j’ai les lèvres en feu ». Donc, sans épice, le chai masala n’en n’est pas, et se rapproche cruellement d’un vague thé au lait hyper sucré tout ce qu’il y a de plus british.

Les épices donc, disais-je avant d’être assez grossièrement interrompu par moi-même. Après de nombreux essais et différents dosages, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il vous faut:

6 machins verts de cardamome
1 bonne cuillère à soupe de gingembre râpé
1 bâton de cannelle juste de la bonne taille
4 grains de poivre noir
2 clous de girofle
½ cuillère à café de graines de fenouil

Mettez tout ce petit monde dans un four très chaud pendant 3-4 minutes pour bien les sécher, puis réduisez les en poudre de perlimpinpin avec un outil idoine tel qu’un pilon, un robot qui fait vroum-vroum ou un gros marteau.

Et le reste alors ?

Et bien il faut faire bouillir moitié lait, moitié eau, avec une bonne dose de sucre de canne, et une grosse pincée du mélange d’épices. Quand ça bout, ajoutez du thé en quantité suffisante. J’ai une préférence pour l’Assam qui fait de jolies petites boules, mais on peut utiliser ce qu’on veut en fait, pourvu que ce soit du thé noir non aromatisé, sauf bien sur et par pitié la merdouille jaune qui raffraichissait Pierre Barthes. On fait cuire le tout 4-5 minutes. Le thé indien aux épices se fait cuire, et pas seulement infuser. C’est le secret. Donc on cuit, on filtre et on sert dans des petits verres.

Voilà…

Mais pour épater vos amis, et passer pour Ze Chai Raja, c’est super cool d’y faire de la mousse avant de servir, soit comme les pros en le transvasant plusieurs fois d’une certaine hauteur entre deux récipient, mais après il faut passer la serpillière dans la cuisine, parce qu’on en fiche partout quand on n'est pas pro, soit avec un mixer, ou encore mieux, avec le schprountz à vapeur du percolateur.

On dit merci qui ?

J’adore ce pays.


18:23 - Dhabba - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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