04 octobre 2006
J-3
Voila...
La réalité vient de me rattraper quand j’ai eu enfin mon visa de travail après de longues heures d’attente au consulat d’inde à Paris. Il aura fallu 4 semaines pour l’obtenir mais ça y est. C’est un peu confus dans ma tête. A la fois, je suis très content et excité de vivre cette nouvelle aventure, mais aussi un peu déboussolé à l’idée de tout quitter.
Je pars samedi m’installer à Bombay pour les deux prochaines années.
06 octobre 2006
J-2
J’ai récupéré mon passeport hier soir au consulat, dans une pagaille indescriptible. Il a fallu plus de trois heures pour obtenir le sésame de ma nouvelle vie. Passer au consulat d’Inde, c’est déjà vivre l’aventure indienne…
D’autre part, je me suis rendu compte qu’Air France n’accepte que 20 kg
Du coup, j’ai revu à la baisse le nombre de valises, et je vais faire expédier quelques trucs par cargo. Rien d’indispensable, que du confortable, comme par exemple mon ordinateur, des CDs, un casque de moto…
08 octobre 2006
J'y suis
Me voila arrive...
Pour le moment, je suis
a l'hotel, en attendant de trouver un appartement. Ca me fait tout
drole de me dire aue je vais etre ici pour le deux prochaines annees.
En fait, je n'arrive pas encore a realiser.
Ce matin, je suis alle faire un tour dans le sud de le ville, en particulier a Gate of India, qui etait au debut du XXe, le passage oblige des anglais qui arrivaient a Bombay.
Peut etre que c'etait a cause du dimanche, mais dans mon souvenir, Delhi est beaucoup plus grouillant de monde.
Il fait un chaleur de bete, dans les 33 degres, et tres humide.
Demain, je commence a travailler...
10 octobre 2006
Un partout
Je m’y suis mis ! Ca a été un peu dur au début…
j’ai mangé mon premier curry hier soir. Curieusement, alors que je me
serais damné en France pour un Indien, ici durant les trois premiers
jours, ça ne passait pas. Comme si mon estomac refusait l’idée d’être
ici. Une espèce de reflex pavlovien d’avoir été malade il y a trois ans
à Udaipur.
J’ai pris mon estomac entre quatre yeux et je lui ai
expliqué qu’il fallait laisser l’Inde rentrer en moi. Finalement, il a
accepté hier soir. Un super massala au poulet. J’ai quand même fini le
repas par un morceau de gorgonzola. Faut pas déconner non plus.
C’est ça l’avantage des buffets des grands hôtels internationaux.
Nicolas – India, un partout !
Hier,
je suis également allé visiter mes premiers appartements. Les personnes
chargées de mon bien être, et accessoirement de mon installation m’ont
proposées de voir des ‘serviced appartments’ au nord de Bombay.
Serviced signifiant avec un ameublement sommaire, une laverie, et le
petit déjeuner à moins de 500m. Très franchement, je pense que les
reportages de M6 sur les marchands de sommeil ont étés tournés ici. Un
système électrique aussi approximatif que dangereux, une pièce
minuscule et sombre sentant le moisis, une peinture (probablement au
plomb) qui s’écaille en plaque, une salle de bain où tout cafard qui se
respecte ne poserait les pattes, et pour couronner le tout, une vue
imprenable sur la décharge. Le tout pour la modique somme de 800 euros
par mois. Les autres, plus grands, et donc plus cher, étaient ‘presque’
finis (mais déjà disponibles). Traduire par un gigantesque chantier,
des cages d’ascenseur, sans ascenseurs, des portes sans huisseries, des
fils électriques qui pendent du plafond, des maçons à l’étage du
dessus… Je ne suis pas contremaître, mais il y a bien encore 4 à 6 mois
de boulot…
J’ai poliment décliné la proposition. Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages.
Prachi est ma voisine de bureau. C’est la seule ici qui parle français. Très bien d’ailleurs. Elle est même venue en France grâce à l’alliance française il y a deux ans. Elle a passé un mois à… Nevers. Mais elle est quand même allée une journée à Paris. On peut dire qu’il y en a qui ont le c… bordé de médailles !
Dans le journal ce matin,
Hindustan Times, il a un article sur la flambée des cas de polio dans
certains bidonvilles. 100 toilettes pour 30,000 habitants à Govandi, le
‘slum’ en question. C’est un gigantesque égout à ciel ouvert ou l’eau
potable arrive quand elle peut. La politique de santé publique semble
assez floue à ce sujet. Mais réjouissons nous ! L’article suivant,
photo à l’appui relate les mésaventures d’une pintade qui s’est fait
renverser dimanche soir par une voiture sur Malabar Hill. Elle est
malheureusement paralysée mais une équipe de vétérinaires prend soin
d’elle. On est soulagé d’apprendre que sa vie n’est plus en danger.
Même en Inde, on vit une époque formidable.
Réchauffement climatique
A l’étuvée.
Savez vous ce que c’est qu’une chaleur de bête? Parce qu’ici, il fait une chaleur de bête.
Pour
information, les indiens en général, et les mumbaiker en particulier,
sont des malades de la climatisation. Il fait a peine 20 degrés dans
les bureaux ou les hôtels, mais quand on sort, c’est une autre
histoire. 36 degrés aujourd’hui. Autant ça doit être supportable et
agréable même, a Goa, autant ici c’est autre chose. Il n’y a pas l’air
de la mer à Santacruz. D’ailleurs, pour être franc, c’est aussi bien
ainsi. Hier soir, je suis allé dîner chez un couple de français qui
sont installés ici depuis plusieurs années, ils habitent à Breach
Candy, donc on longe la mer d’Oman pour aller chez eux. Ca devait être
marée basse, parce que ouh la la, mes aïeux, ce que ça fouettait ! (pas
chez les français, hein, le long de la plage)
Bref, 36 degrés à
Santacruz, et en moins de 10 minutes de promenade urbaine, mes sourcils
étaient tellement trempés qu’ils ne constituaient plus le rempart
nécessaire pour éviter que la sueur me coule dans les yeux. Quand je
suis rentré en rick - car bien sur je me suis perdu en essayant de
rentrer par un autre chemin que celui emprunté à l’aller - j’étais
mi-homme, mi-liquide. La dernière fois que j’ai autant transpiré,
c’était dans la jungle en Thaïlande, c’est pour dire ! Note pour ce
week-end : acheter des pantalons en coton, parce que les pantalons de
costumes en laine, ça gratte avec le temps qu’il fait.
Changement de décor.
Samedi, je quitte le Hyatt pour le Mirador. Il faut dire que la nuit ici est équivalente à un mois de salaire d’un employé de bureau. La photo ci-joint est la vue de derrière le Hyatt. Etrangement aucune fenêtre ne donne par là. C’est un des paradoxes les plus frappant ici.
Je l’ai !
J’ai un ordinateur. Un portable qui tabasse sa race. Ecran plat, coins carrés, climatisé, réversible, lavable en machine. Du coup, je peux écouter de la musique. C’est plus sympa d’écrire ce billet d’humeur au son des Frères Jacques chantant le tango des perceurs de coffre fort de Boris Vian….
13 octobre 2006
Spicy Chicken
Aucun détail ne vous sera épargné.
Toute personne voyageant dans
une contrée exotique ne peut ignorer très longtemps les effets qu’un
changement de régime alimentaire ont sur certaines fonctions
organiques. Ces effets et la rapidité à laquelle ils surviennent sont
généralement inversement proportionnels à l’observance des règles
élémentaires d’hygiène dans le pays visité. Ajoutez là-dessus force
épices, et le voyageur est donc plus ou moins constamment préoccupé du
fonctionnement normal de son appareil digestif. Il guette avec
appréhension le moment où sa mobilité intestinale va lui échapper.
Quelle nuit ! au moins je n’ai plus a me demander quand ça va m’arriver…
Je suis amoureux, d’une cigarette
Le petit gars qui vend des cigarettes en bas des bureaux n’avait plus de malboro light, enfin en paquet, car on peut les acheter à l’unité. Je me suis donc rabattu vers des cigarettes indiennes. Pas de mises en garde énormes sur le paquet. Il suffit d’une bouffée pour se rendre compte au plus profond de ses poumons que fumer tue.
On n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise.
Hier soir, je zappais nonchalamment, quand tout a coup, je suis tombé sur ça (voir la vidéo), malheureusement, le temps que j’attrape le caméscope, c’était déjà presque fini. Je connais au moins deux personnes qui apprécieront ce clip a sa juste valeur. Amateurs de Bonney M, accrochez vous…
Indian Style
Tout le mode connaît le jingle
McDonald’s (Ta la ta da ta.... c’est tout ce que j’aime), qui est
décliné dans toute les langues. Et bien ici, la pub pour le Mc Chicken
(le big mac semble plus difficile a trouver) finit bien sur par ce
jingle. Mais là, joué au sitar. C’est tout simplement poilant.
Ye dil mange more !
Spicy chicken
Lors de votre prochaine venue en Inde, je vous conseille instamment d’éviter la Spicy chicken de Domino’s pizza. Sur le menu, elle a 2 piments. Mais en réalité, je pense qu’ils ont remplacé la poivron par de l’extrait de piment rouge concentré. C’est bien simple chaque morceau de poulet creuse son propre trou dans votre estomac, pour le transformer rapidement en passoire. Une heure après l’avoir mangé, je suis certain que le poulet commençait a attaquer le péritoine. Et pourtant, je ne suis pas chochotte coté piments, mais là….
16 octobre 2006
Quand y’en a marre, y’a Malabar.
Bombay est une ville très bruyante. Ca klaxonne de partout à longueur de jour et de nuit. Alors je suis allé écouter le silence dans un havre de paix, Malabar Hill. Il m’a fallu deux heures en taxi pour l’atteindre, circulation oblige, mais ça valait vraiment le coup.
Au
bout de la pointe de Malabar Hill, et après m’être engagé dans une
petite ruelle et descendu un escalier en pierre, je suis arrivé sur un
réservoir, Banganga Tank, bordé de ghâts et de petits temples, où
quelques enfants se baignaient. J’ai pris le temps d’apprécier la
tranquillité du lieu, de m’assoire et de discuter avec les gens, de
profiter de ce petit village dans la ville, avant de reprendre ma
promenade en direction de la mer. Juste derrière le réservoir on trouve
un tout petit quartier de Dhobis, membres de la très basse caste de
blanchisseurs. Une fois que le linge est battu et tordu, il est mis à
sécher sur la plage. Des draps blancs sur les rochers noirs, face à la
mer d’Oman.
J’ai sorti l’appareil, le gros, pour la première fois depuis mon arrivée, et j’ai shooté une pellicule, pas tant du linge que des gamins qui jouaient autours. Quels sourires ! La lumière était un peu dure, mais les expressions doivent être sympa. Après chaque photo, ils venaient, retournaient l’appareil pour voir la photo. J’ai eu toutes les peines du monde à leur expliquer que ce n’était pas un appareil numérique. Ils étaient ravis que je les laisse jouer un peu avec le zoom.
Dès que j’aurais fait développer le film je ferai quelques tirages et je leur apporterai.
Un petit tour par là, et une petite tour Parsi.
Bombay regroupe la plus grande communauté parsi du monde.
Un petit peu de culture (merci Wikipedia)...
Les pârsî ou « parses » - de Pârashika, peuple de Perse - sont les adeptes du parsisme, dévivé du Mazdéisme de Zoroastre qui s'enfuirent, au VIIIe siècle, devant les Arabes lors de leur conquête de la Perse et s'installèrent en Inde.
Les pârsî s'installèrent tout d'abord dans le Sind et dans le Saurâshtra au Goujerat. Il profitèrent dès 716 de la protection du rajâ Shîlâhâra Jâi qui régnait sur les états de Thana près de l'actuelle Mumbai.
Ils participèrent depuis très
largement à la vie économique de la région, en particulier à la
formation de la ville de Mumbai, où ils occuperont une place importante
dans l'administration et la culture.
Les parsis, aujourd'hui présents dans une dizaine de pays, sont environ 180 000. La majeure partie d'entre eux, soit 56 000, vit à Mumbai.
Ces adeptes de l’enseignement de Zarathoustra ont une particularité. Leurs rites funéraires.
La vie étant conçue comme un don, la mort ne peut être considérée qu'avec horreur. La décomposition du corps est l'œuvre d'un démon. Les cérémonies funéraires cherchent donc à limiter la propagation du mal. Des Parsis formant une sorte de caste, les Nasālāsar sont chargés d'emmener les morts dans une des cinq tours du Silence, les dakhmâ. Les tours du silence sont des constructions cylindriques, fermées de tous côtés, sauf au sommet, d'une hauteur d'environ 4 mètres, au toit incliné vers l'intérieur. Les défunts y sont déposés, dénudés, afin d'y être dévorés par les enormes vautours qui nichent dans les parrages, de façon à ne pas souiller la terre, par inhumation, ni le feu, par crémation. Les os sont ensuite précipités au fond d'un puits central. Leurs parents les accompagnent jusqu'à la Tour mais n'y entrent pas. Ils se rassemblent dans une petite chapelle bâtie à proximité de la Tour et y récitent des prières.
L'âme du mort reste trois jours dans la Tour. Le quatrième jour, elle la quitte, mais elle doit alors franchir un pont. Il se produit une sorte de jugement : l'âme du juste franchit le pont et accède à la Maison des chants, tandis que celle du méchant tombe dans les Enfers. Cependant, toutes les âmes jouiront de l'instauration d'un paradis terrestre consécutive à la victoire d'Ahura Mazdā sur l'Esprit du Mal. L'enfer des zoroastriens est donc plutôt un purgatoire où l'on attend sa résurrection.
Pour la petite histoire, il n’y a plus suffisamment de vautours à Bombay pour jouer les croque-morts. Les parsis ont donc installé des sortes de fours solaires pour accélérer la dissécation des corps, mais apparemment, ça ne fonctionne pas très bien.
Bref.
La visite est strictement interdite, ce que je ne savais pas, et je me suis fait éconduire de façon fort peu courtoise quand je suis arrivé candidement à l’entrée du parc. C’est dommage, ça m’aurait bien intéressé de voir ces tours.
Chez le merlan
J’avais besoin de faire un peu rafraîchir mon superbe capital capillaire. Je me suis donc arrêté chez un ‘road-side barber’. Une espèce de boui-boui improbable avec deux chaises de barbier, sur le trottoir à 5 minutes de mon nouvel hôtel, tenu par un vieux musulman avec une barbe couleur ‘Mylène Farmer’.
Je ressemble un peu à premier communiant, mais c’est propre, et défiant toute concurrence côté prix, puisqu’elle m’a coûté 30 roupies, soit environ 70 centimes. Compte tenu de la qualité de ma tignasse, c’est largement suffisant.
De plus, un rapide calcul permet de se rendre compte que c’est
1) 31 fois moins cher qu’a Lyon pour un résultat équivalent, et
2) je peux donc aller chez le coiffeur pendant 5 ans ici pour le prix d’une coupe en France.
PS pour ceux que ça intéresse, j’écris au son de Philophobia de Arab Strap.
Rencontre du 3è type.
J’ai changé d’hôtel.
Je suis maintenant à Andheri East, à côté de l’aéroport. On rigole bien au Mirador. Tous les soirs, il y a une animation qui n’a rien à envier au camping des flots bleus. Et ce soir…
Quand je suis arrivé dans la salle de restaurant, il y avait karaoké. Oh mes boués ! Imaginez une délégation de chinois ivres morts, complètement bourrés au pétillant local (a volonté, pour fêter l’évènement) qui massacraient consciencieusement My heart will go on de Céline Dion. C’est déjà une belle prouesse en soit. Pour faire pire que l’original, il faut y mettre tout son cœur, et dieu sait qu’ils se donnaient du mal. Il faut que je vous dise qu’en même temps qu’avait lieu cette horreur, sur un grand écran était projeté un film amateur en super VHS bien pourri du Guggenheim de Bilbao. J’aimerai qu’on m’explique le lien.
J’avais le nez plongé dans mon curry quand ils ont entrepris un autre classique du grand karaoké sentimental, I am sailing de Rod Stewart. Mes ongles de la main gauche s’enfonçaient dans les accoudoirs de la chaise, la droite me servant à faire trempette de mon chappati dans la sauce et à attraper les morceaux de poisson. J’ai fini mon plat au son de Say you, Say me de Lionel Ritchie, avec palpitations et sueurs froides. On aurait dit qu’on passait un chat vivant à la moulinette. Je suis sur que ca doit être interdit par la convention de Genève cette torture de civils innocents.
Je pensais qu’après cet exploit, le pire était passé, et je me commençais à me détendre. Erreur ! N’avais-je pas plongé ma cuiller dans une boule de glace molle verte fluo au parfum difficilement identifiable qu’ils ont remis ça. Cette fois, avec en fond des canards batifolant sur un lac, c’était au tour de Simon et Garfunkel pour Sound of silence. C’en était trop.
Afin de ménager mon cœur fragile et mes oreilles chastes, je suis rapidement remonté dans ma chambre, me rincer les conduits auditifs grâce à Bim Sherman. Ouf !





