26 octobre 2006
Hummmmm… sexy…
Quand je l’ai vu pour la première fois, ça a fait tilt. Je vais la
revoir ce week-end… Elle est indienne mais s’appelle Electra. Elle est
tellement belle, avec ses formes généreuses, et ses rondeurs juste là
ou il faut. Je nous imagine déjà partir en week-end ensemble, visiter
la ville...
Rassurer vous, il ne se passera rien entre nous sans protection… J’ai apporté tout ce qu’il faut de France.
J’espère pouvoir vous la présenter bientôt.
Bon allez... je ne tiens plus...
C'est elle...
L’idéal serait d’en trouver une avec un siège café racer, et un guidon cintre plat pour lui donner encore plus un look 60’s.
Et puis si possible, et si c’est pas trop demander, la plaque d’immatriculation sur le garde boue avant… La ce serait le must.
03 novembre 2006
Bientot en moto...
C'est maintenant que je vais comprendre ce qu'est l'essence de la conduite indienne.
En fait c'est assez simple : il n'existe aucune règle, code ou logique.
C'est à peine si le sens de circulation est respecté.
Tout ce qui marche, roule ou rampe se retrouve sur toutes les routes du
pays. On rencontre donc vaches, chameaux, tracteurs, piétons,
cyclistes, voitures et bien sur les fameux camions Tata véritables
terreurs de la route dont les pneus rechapés mais lisses et les freins
cachectiques sont rarement un bon karma...
Tout ce petit monde se croise, s'arrête, double, recule, fait demi tour dans la plus grande anarchie.
Ici, un tracteur traînant une remorque remonte la route à contre sens,
là, un camion arrêté sur la voie de gauche pendant que son conducteur
défèque sur la voie de secours, plus loin, un homme pousse sa carriole
au plein milieu de la chaussée.
Très rapidement les règles de survie s'imposent au pilote :
La hiérarchie des véhicules est la suivante, plus on est gros plus on a de droits. Ce
qui donne dans l'ordre décroissant de priorité : camion ou car si le
car est plus gros que le camion, voiture, moto, mob, cycliste, piéton.
Bien sur hors catégorie bien sur nous avons la vache sacrée.
Littéralement intouchable, elle est présente absolument partout.
Bloquant parfois la circulation sans que personne n'intervienne,
broutant l'herbe entre les voies d'autoroute, couché tranquillement à
l'ombre des péages, elle est hors concours. On dit même qu'en cas
d'accident entraînant le décès d'une vache sacrée, il est préférable de
se mettre immédiatement sous la protection de la police car les risques
de lynchage sont grands (et je veux bien le croire !)
Les feux stop des véhicules sont débranchés par économie ou en panne sur presque tous les véhicules camion compris.
Le klaxon est de mise pour prévenir de la moindre manœuvre. Il est indispensable dans les cas suivants :
- on va doubler, par la droite ou la gauche. Le danger vient du côté du bruit,
- on va traverser un village sans ralentir (valable pour les camions et les cars),
- on salue un touriste parce que c'est pas si fréquent d'en voir (encore moins à moto !)
- on veux juste exprimer sa joie de rouler sur une si belle route.
- la nuit, le klaxon remplace également l’appel de phare, (de toute façon impossible sur une Enfiled).
Le clignotant est avantageusement remplacé par le bras en cas de
manœuvre extrême risquant vraiment de mettre la vie d'autrui en danger
(demi-tour sur l'autoroute, manoeuvre effectuée sans visibilité...).
Quand on voit un bras tendu, je vous jure que la tension monte dans
n’importe quel véhicule que celui au bras croise, double ou précède. A
noter que les camions sont toujours occupés par 2 personnes : le
conducteur et son aide qui sert entre autre à tendre le bras sur le
cote gauche du véhicule (ça coûte moins cher qu'un clignotant au prix
de main d'oeuvre local)
La
signalisation est bien sur incitative. Et dans le cas ou elle doit être
impérativement respectée un policier ou un militaire est mis en
faction.
Toutes les manœuvres même les plus inattendus sont donc possibles !
09 novembre 2006
Code de la route
J’arrive à une intersection. Le feu tricolore est rouge.
a) Je contrôle, je signale, je manœuvre, et je m’arrête à l’aplomb du feu
b) Je me raidis et me prépare pour l’impact. On ne sait jamais d'où va venir le danger
c) Je klaxonne et j’ouvre les gaz en grand. M’en fout, j’ai les plus grosses testicouilles.
La profondeur minimale de la rainure du pneu est
a) 1,8 mm
b) Ca s'aplique aussi aux pneus rechapés par le fils de la voisine avec de la colle à bois ?
c) Quelle rainure ? Je préfère les slicks de toute façon, et j’ai les plus grosses testicouilles. Z’avez vu mon beau klaxon ?
Je roule à vive allure sur la voie de gauche. Je veux tourner à droite
a) Je contrôle, je ralentis et je mets mon clignotant
b) C’est quoi un clignotant, je ne crois pas que j’ai ça sur mon véhicule
c) Je klaxonne, je sors le bras, je coupe la route à tout le monde, et puis j’ai les plus grosses testicouilles
Un camion Tata de 38 tonnes avec des pneus lisses, roulant à 70km/h en ville s’arrête sur
a) 80 m
b) 270 m si on considère que l’impact avec un piéton l’aide un peu
c) Ne s’arrête pas, les freins c’est pour les tarlouzes. Moi je klaxonne, et j’ai les plus grosses testicouilles.
Un piéton traverse devant moi sur un passage protégé
a) Je contrôle, je ralentis et je m’arrête pour le laisser passer
b) Où ça un piéton ?
c) Je klaxonne, je l’insulte et je lui fonce dessus. On la ramène pas quand on a pas de testicouilles.
Si vous avez un maximum de a), restez en France
Si vous avez un maximum de b), c'est pas mal
Si vous avez un maximum de c), vous êtes parré pour conduire à Bombay.
Question subsidiaire réservée aux aspirants Rickshaw-wallah (pour mémoire, je vous rappelle qu’un rickshaw, c’est « une télécabine de Val d’Isère posée sur un Vespa » (™ Adrien).)
Lors d’une course avec un client
a) je pile de façon inconsidérée dès que l’occasion se présente afin de péter les genoux du client contre la barre centrale
b) je fonce sur les nids de poule comme un malade pour qu’il se cogne
dans le meter, avec un peu de chance ça va le dérégler de 10 roupies
c) quand la rue est en pente, je coupe le moteur pour économiser
l’essence, et je le relance en seconde grâce à l’inertie. Tant pis si
ça chahute un peu.
Toutes les réponses sont bonnes.
13 novembre 2006
Royal Enfield
Je suis passé au show-room samedi, tel un gosse devant un marchant de glaces, pour demander où en était ma commande.
- 10 – 15 jours.
- Danny, Danny, - que je dis au type qui louche et qui s’appelle Danny - tu m’as dit 10 -15 jours la semaine dernière. Tu ne me prendrais pas pour un cave ?
- La commande est passée à l’usine. Ensuite, il faut l’immatriculer. On peut peut être accélérer le processus avec 1000 roupies.
- Est-ce qu’il y a marqué ‘grosse truffe’, là, Danny ? Je t’ai déjà filé 1000 roupies cash la semaine dernière.
- OK… 500 roupies alors
- …
24 novembre 2006
Fast as a Bullet 2
Ce serait pas trop la classe, ça?
Fast as a Bullet
La Bullet, ça tabasse déjà sa mère en soit, mais pour vraiment avoir ‘Ze ultimeum teutch’, je veux mettre une plaque d’immatriculation sur le garde-boue avant, un pedestrian slicer comme ça se faisait dans les années 50…
Alors je me suis renseigné sur le net. Ca existe chez Enfield aux USA. $39 pour un bout de ferraille courbé, peint en noir…
Oui, mais… Il y a un garage pas trop loin de chez moi qui en a à… 150 roupies…
J’adore ce pays !
Les prochaines étapes de la transformation de la bête (une fois que je l’aurais reçu, cela va sans dire) sont : trouver des pads pour mettre de chaque coté du réservoir (j’hésite encore pour le moment à faire faire un réservoir type café racer par un metallo local, mais dans ce cas là, il faudrait aussi que je change le guidon pour un ace-bar), changer la selle d’origine un peu trop massive par une selle solo et mettre un porte paquet sur le garde-boue arrière, polir toutes les pièces en alu pour avoir une finition miroir.
Et puis si possible, changer le logo existant par l’ancien rouge et or, qui à mon avis est plus sympa.
A ce moment là, j’aurai la moto la plus ‘bad ass’ de tout bombay. Yeah baby !
10 décembre 2006
Tonight is the night
Normalement, ce soir, Danny me remet les clefs de
mon cheval d’acier (en fait de fonte d’aluminium et de ferraille en
tout genre).
Les cheveux au vent et la trouille au ventre, je vais enfin avoir la liberté de me déplacer ad libidum et ad nauseam dans Maximum City et ses environs.
Ce veut dire que samedi (c’est le bon jour selon les astrologues), je dois faire une puja en l’honneur de Saraswathi, balancer du riz, faire tracer une swastika au tumeric, casser un noix de coco, brûler de l’encens, réciter sous forme de mantra 11 des 1008 nom de Ganesh, et pendre un citron vert et 6 piments au guidon de la bête pour m’attirer les bonnes grâces des divinités locales, sans oublier le collier de fleurs.
Note pour plus tard : Penser a prendre des petites coupure pour les backshish au flics
11 décembre 2006
Jeudi, Electra était enfin prête à ce que je la chevauche avec ardeur, et je vous avoue que j’étais chaud comme une cabane à frittes à l’idée de lui dérider la culasse. Ma doué que ses formes girondes sont belles dans sa robe noire et argent.
Oui mais… on est en Inde… En
s’y mettant à trois et en reculant la brèle pour la sortir du magasin,
ils ont raté la porte et m’ont pourri le feu arrière, élément purement
décoratif dans ce pays, mais je préfère quand même le péter moi-même
contre un rickshaw zigzagant ou un Tata sans freins si Danny n’y voit
pas d’inconvénient. Retour express à l’atelier et délai de 24 heures
supplémentaires.
Ca faisait plus d’un mois que je me retenais, alors vendredi soir, j’y ai fait fumer le pot, mes boués. Elle a compris qui c’est Raoul.
Enfin !
Apprécier les trépidations de la machine quand on met le contact et sentir les violents allers-retours d’un piston en fonte de 35 centilitres juste sous les fesses, devenir motosexuel,
Entendre le feulement rauque et puissant du gros monocylindre culbuté à (très) longue course qui fait ‘potatoe potatoe potatoe’ avant de caler au bout de cent trente mètres,
Serrer entre ses jambes la courbe sensuelle du réservoir et tacher son pantalon par la même occasion,
Essayer pour la première fois l’improbable freinage des garnitures en cul de chameau qui ralentissent à peine les 180 kg de l’engin, et la boite de vitesse agricole qui fait crouik-shlak-grrrrrrrrr-shlak, Passer 5 minutes à chercher le point mort à chaque arrêt…
Se rendre compte que l’alternateur ne charge pas la batterie si le phare est allumé, et devoir redémarrer au kick. Et laissez-moi vous dire que démarrer un tel engin à la force du mollet, c'est un peu comme préparer un bon poulet Tikka Massala. Ce n’est pas si compliqué que ça, mais il faut quand même prendre le coup de main (plusieurs essais nécessaires, après avoir finalement trouvé le point de compression à l'aide du voltmètre et du décompresseur).
Est-ce que je vous ai parlé de la direction aussi franche qu'un serpent à sonnette? Chaque démarrage s’accompagne d'un petit guidonnage surprenant qui finit néanmoins par se stabiliser au dessus de 15 km/h. Il faut s’y faire.
Et son pare cylindre. Cet accessoire très prisé est très utile ici. Les pares cylindre indiens sont format XXL, les pares buffle des 4X4 occidentaux font un peu tafiole en comparaison.
Ça grince, ça couine, ça ratatouille, ça pétarade, ça tousse, ça gémit, ça crache de l’huile chaude, ça glisse, ça vibre à tous les régimes et n’accélère que gentiment…… Le bonheur indian style !
Voila le véritable plaisir d’être enfin au guidon d’une Enfield indienne montée à la main, alésée à la lime, vendue avec la nécessaire pochette d’outils en fer blanc, une bible miniature et une fiole de saint Chrême en cas d’extrême onction urgente.
Une vraie machine à remonter le temps.
J’adore ce pays
PS : Les puristes vont pousser des cris d’orfraie, mais j’ai choisi un modèle avec démarreur électrique pour le confort, et sélecteur de vitesse à gauche, dans le simple but d’éviter de me croûter au premier feu rouge
PS2 : au bout de 70 km, les clignotants, facétieux, ont subitement décidés de se mettre en grève du coté gauche. Faudra que j’en parle à Danny. C’est ça aussi la Royal Enfield.
18 décembre 2006
Born to be wiiii-iiii-iiiild…
Hier, j’ai profité du fait d’être motorisé et qu’on était dimanche pour voir dérouler devant moi l’asphalte mahârâstrîen. Plein nord vers Vasai, pour visiter un ancien fort portugais a 70 bornes de Bombay.
Ma
complexion de plébéien gaélique a mal supporté les assauts continus de
l’astre du jour lors de cette virée, et en un mot comme en cent, j’ai
le pique bise écarlate. En cette période festive, je ressemble à
Rodolphe, le petit renne au nez rouge. J’ai heureusement eu la bonne
idée de mettre des manches longues, et outre le pif et la nuque, je
n’ai donc que les mains qui ont cramées.
Je n’ai jamais trouvé le fort, car une fois sorti de Mumbai, la plus part des indications sont en devanagari, sorte de vermicelles barrés complètement incompréhensibles pour le moment. Mais c’était une balade agréable.
Petit point sur Electra après
une semaine et 337 km au compteur. Elle est super. Elle se conduit
comme un vélo. Elle est même carrément plus maniable et stable qu’une
125 cc, et sauf quand on met la béquille, on ne sent pas les 180kg de
la bête. La position de conduit très agréable et le moteur est d’une
souplesse incroyable. On doit presque pouvoir se contenter de la 3ème.
Et puis surtout, elle a quand même un look qui tue sa mère. Bababoulle
le moustachu vigile de l'immeuble l’adore, et il me la nettoie avec de
l’eau propre tous les deux jours. C’est mon pote Bababoulle.
En revanche, le moustachu qui a monté la boite de vitesse sur la moto aurait du être noyé à la naissance. C’est une catastrophe. Il devait avoir un casque de soudeur et des moufles, c’est la seule explication que je vois. On saute une vitesse sur deux, on trouve le point mort entre chaque vitesse, en montant et en descendant, sauf bien sur quand on le cherche au feu rouge. Il faut parfois se mettre debout sur le sélecteur pour faire descendre de la 5ème vers la 4ème.
Danny et son équipe m’ont livré la brèle « brut de fonderie » sans aucun réglages. A force d’essais, et de persévérance, j’ai finalement réglé la richesse et le ralenti. Je pense cependant que le boisseau du carburateur aurait besoin d’être remonté un peu pour avoir une accélération plus franche, dans la mesure de la capacité des 18 poneys (on ne peut pas décemment parler de chevaux) qui logent dans le moteur. Je ferai faire la modif lors de la première révision des 500.
J’adore ce pays
20 décembre 2006
My tailor is rich…
Quand vous achetez une Enfield,
il est important d’avoir les adresses de bons garages sur la route,
mais il est aussi important d’être copain avec un bon couturier.
En effet, le moustachu qui a designé les cale-pieds, dans le pays du toujours plus, les a fait format porte avion. Honnêtement, ils ne choqueraient pas sur le Charles de Gaulle. Deux espèces d’excroissances non repliables de 20 cm de long, caoutchoutées. Si bien qu’il faut faire hyper gaffe quand on pose le pied par terre à ne pas chopper le bas de pantalon sinon… crac.
Et c’est ce qui m’est arrivé hier. Et un pantalon ruiné.
J'adore ce pays







